LES ORIGINES ET LES GROUPES SACRÈS

 


   

La Procession des Mystères est composée de dix huit Groupes Sacrés, plus les deux simulacres de la Mort de Jésus et de Marie de la douleur.

 

La réalisation de ces oeuvres, aux quelles il faudrait un contrôle constant et plus régulier de la part des autorités artistiques compétentes, remonte à l’école artisanale de Trapani du XVII siècle.

 

Ces authentiques chefs d’oeuvre furent réalisés par une série d’artistes talentueux, tels que Giuseppe Milanti, Mario Ciotta, Baldassare Pisciotta, Giacomo Tartaglio, Antonio, Domenico et Francesco Nolfo, Andrea Tipa.

 

Chaque statue est composée d’un squelette en bois. Les têtes, bustes, mains et pieds des personnages sont maintenus à l’intérieur par des ossatures de liège sur lesquels est modelée la toile à l’aide de colle, donnant ainsi une plus de naturel au tombé des vêtements et une meilleure plasticité expressive, selon une technique typiquement locale, dite "carchèt".

 

Ensuite les statues étaient fixées aux "vare", c'est-à-dire à la base en bois, par un procédé particulier, afin de permettre une certaine oscillation pendant le transport, de manière à donner une vie scénique au groupe.

 

La réalisation de ces groupes ne s’inspira pas de l'iconographie classique, comme pour les "Mystères de Caltanissetta", mais d’épisodes cités dans les Textes Sacrés ou même dans les Evangiles Apocryphes en ajoutant parfois des interprétations personnelles. 

 

Les artistes locaux surent donner à ces groupes une représentation dynamique unique dans le vaste panorama des Représentations Sacrées.

 

La mise en scène est ainsi située à l’époque médiévale plutôt que sous l’occupation de la Palestine par les romains. On peut voir des soldats à l’uniforme de type espagnol ou les casques ont été remplacés par des panaches imaginaires, sans parler des visages de certains personnages qui ne sont rien d’autre que le portrait d’hommes de l’époque, comme le juif de la Spoliation qui semble être l'assistant du bourreau alors en fonction à Trapani.

 

La date de construction des groupes n’est pas certaine. Par contre, ce que l’on connaît c’est la date du plus ancien acte de concession : le 20 avril 1612, quand le groupe de l’Ascension au Calvaire fut confié aux "bourgeois, viticulteurs et charretiers".

 

Durant les années suivantes, et jusqu’en 1782, furent conclus tous les autres actes de concession, "Jésus devant Erode"fut le dernier attribué.

 

Les groupes demeurés en leur état d’origine, ou presque, sont peu nombreux. Suite à des modifications de structures ou des dégâts causés soit par les chutes des porteurs pendant les processions soit par les bombardements de la deuxième guerre mondiale, beaucoup d’ente eux ont subi d’importantes transformations ou des restaurations conséquentes et, pour certains, une complète reconstruction.

 

Nombreux furent les habitants de Trapani, amoureux de la procession, qui agirent pour qu’elle puisse renaître après les dégâts, non seulement matériels, de la guerre mondiale. Parmi eux il faut citer les concitoyens : Savona, Tartaro, Cassisa, Mazzei, Serraino et le Maire de l’époque Francesco Manzo qui, avec amour, s’investirent pour faire revivre ce morceau de l’histoire de la ville.

 

Ce fut ensuite l’art incomparable des maîtres restaurateurs qui fit en sorte que, même avec les modifications nécessaires, reste inchangée, dans chaque groupe particulier, la beauté originelle et l’esprit de celui qui les avaient fait naître. Ce fut l’œuvre inoubliable des professeurs Giuseppe Cafiero (1903 -1973) et Domenico Li Muli ( 1898 - 2001 ), à qui furent confiés la restauration des groupes, qui redonna une nouvelle vie à la procession.

 

Ces derniers temps, il a été effectué un nettoyage de la surface des groupes. Après tant d’années, durant lesquelles la poussière, la fumée des bougies et les couches de peinture avaient assombri les expressions et les drapages colorés, on est ainsi parvenu à une image nouvelle (mais en réalité originelle) dans le coloris des statues.  

Pour les habitants de Trapani, habitués depuis longtemps à contempler les "mystères" sous une même couleur obscure, ce fut comme de les revoir presque neufs. Nous espérons toutefois, que le traitement des groupes se fasse à l’identique, et que, dans le même temps on procède aussi à une coordination plus grande et plus artistique également pour les revêtements argentés des Groupes Sacrés, en évitant, comme malheureusement cela c’est produit dans les dernières années, de mettre des décorations argentées vulgaires et voyantes.

 

Comme nous l’avons dit, les statues sont posées sur une base en bois dite "vara" ; autrefois, quand le groupe était contraint d’effectuer une pause, il déposait cette base sur des fourches tenues par des préposés : durant la Procession des Mystères d’Erice, la pause se fait encore avec les fourches, mais le poids des groupes de Erice est de beaucoup inférieur à ceux de Trapani. Au chef lieu, après la deuxième guerre mondiale, on substitua les "fourches", par des tréteaux de bois , pour permettre des pauses plus longues et éviter aussi de catastrophiques chutes des groupes, comme cela s’était souvent passé durant les siècles écoulés.

 

   

 

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